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18 Mar 2025

Exploiter le potentiel renouvelable du Congo grâce au développement du gaz

Exploiter le potentiel renouvelable du Congo grâce au développement du gaz
La République du Congo intensifie le développement de projets d'énergie renouvelable, notamment avec la future centrale hydroélectrique de Sounda, d'une capacité de 800 MW, qui devrait renforcer l'infrastructure énergétique régionale dès son achèvement prévu en 2026.

Energy Capital & Power a réalisé un entretien avec Boyana Achovski, ancienne secrétaire générale de Gas Infrastructure Europe et membre du conseil d'administration de Women in Renewables. La discussion a porté sur les principales opportunités et stratégies de déploiement à grande échelle des énergies renouvelables en Afrique, sur les approches visant à accélérer l'électrification rurale sur le marché congolais et sur l'équilibre entre le développement du gaz et les engagements mondiaux en matière de décarbonisation.

Quelles sont les principales opportunités et stratégies pour le déploiement à grande échelle des énergies renouvelables en Afrique ?

Les énergies renouvelables sont l'avenir, mais le paysage évolue. Alors que les efforts de décarbonisation se poursuivent, des dynamiques politiques changeantes - telles que les changements dans la politique américaine et les stratégies des entreprises - influencent la transition. L'Afrique, avec ses abondantes ressources solaires, possède un immense potentiel. Toutefois, la stabilité des cadres d'investissement et des politiques réglementaires solides sont essentielles pour attirer les investisseurs et garantir un engagement à long terme dans le développement des énergies renouvelables.

Le Congo donne la priorité aux énergies renouvelables pour l'électrification rurale. Quels modèles pourraient être mis en œuvre ?

L'électrification rurale dépend de systèmes d'énergie renouvelable décentralisés soutenus par des partenariats public-privé et des investissements dans le réseau. L'Afrique possède 60 % du potentiel solaire mondial, mais la capacité installée reste faible. L'énergie solaire hors réseau, les mini-réseaux, l'énergie éolienne, l'énergie hydraulique et la biomasse sont des solutions efficaces. Des entreprises occidentales ont engagé des millions dans des projets d'énergie verte dans des pays comme le Congo, le Burkina Faso et le Nigeria. Les initiatives réussies d'électrification rurale en Ouganda et en Tanzanie constituent des modèles pour le Congo, en mettant l'accent sur le soutien du gouvernement, l'implication du secteur privé et un environnement réglementaire favorable.

Comment le Congo peut-il concilier le développement du gaz avec les objectifs mondiaux de décarbonisation ?

Si les énergies renouvelables sont cruciales, le gaz naturel joue un rôle transitoire clé dans l'industrialisation et la sécurité énergétique. Les réserves de gaz du Congo, qui s'élèvent à 10 000 milliards de pieds cubes, peuvent stimuler la croissance économique. Le projet Congo LNG, qui devrait produire plus de quatre milliards de mètres cubes par an d'ici 2025, positionne le pays comme un producteur de gaz de premier plan. Les solutions gaz-électricité restent essentielles pour la stabilité du réseau, et des investissements dans les infrastructures sont nécessaires pour maximiser le potentiel du secteur.

Quels modèles de financement et d'infrastructure peuvent accélérer la monétisation du gaz au Congo et dans toute l'Afrique ?

Le développement des infrastructures est essentiel. L'Europe a démontré que l'exploitation des infrastructures gazières existantes est plus rentable que la création de nouveaux systèmes énergétiques. Les incertitudes réglementaires passées ont parfois posé des problèmes aux investisseurs. Au Congo, le nouveau code du gaz et le plan de marché visent à attirer les investissements tout au long de la chaîne de valeur du gaz. Les cycles d'octroi de licences offrent des possibilités d'exploration et de production, tandis que les partenariats public-privé garantissent la stabilité des infrastructures. L'engagement politique est essentiel pour combler les lacunes en matière d'infrastructures, améliorer l'efficacité et renforcer la distribution de l'énergie.

Comment le Congo peut-il tirer parti de la transformation du gaz en électricité et de la production d'ammoniac pour favoriser la croissance économique ?

La monétisation du gaz est essentielle pour la sécurité économique et énergétique. Le marché mondial du GNL est en expansion et devrait atteindre 67 milliards de dollars d'ici 2027. La demande croissante d'électricité en Afrique met en évidence la nécessité de projets de conversion du gaz à l'électricité, qui restent sous-développés en raison des limitations de l'infrastructure. Le Congo peut explorer les technologies de capture du carbone pour produire de l'hydrogène et favoriser la décarbonisation. La demande d'ammoniac - essentiel pour l'agriculture et le transport maritime - continue de croître, la production mondiale atteignant 183 millions de tonnes par an. L'expansion de ces secteurs pourrait bénéficier de manière significative à l'économie du Congo. En outre, l'ammoniac et l'hydrogène verts pourraient compléter la stratégie énergétique à long terme du Congo.

Quelles sont vos attentes à l'égard du Forum sur l'énergie et l'investissement au Congo ?

J'attends avec impatience les discussions sur les opportunités d'investissement, les défis réglementaires et les technologies de décarbonisation au Congo. Il sera intéressant d'entendre les entreprises du secteur de l'énergie parler de leurs projets et de comprendre la stratégie du gouvernement en matière d'infrastructures et d'élaboration de politiques. Les principaux sujets abordés sont les défis liés à l'infrastructure gazière, les engagements politiques et l'attraction d'investisseurs majeurs dans le domaine de l'énergie afin d'accélérer la transition énergétique du pays.

 

 

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