La République du Congo met en service la zone économique spéciale (ZES) de Maloukou et teste l'interconnexion entre les infrastructures et l'industrie
La République du Congo a raccordé le parc industriel de Maloukou au réseau électrique national, levant ainsi un obstacle majeur en matière d’infrastructures alors que le pays s’efforce de transformer ses zones économiques spéciales (ZES) en pôles de production industrielle. Cette avancée intervient alors que le Congo s’apprête à présenter de nouvelles opportunités d’investissement lors du Forum de l’énergie et de l’investissement du Congo (CEIF) 2027, qui se tiendra à Brazzaville du 1er au 3 juin.
Le président Denis Sassou N’Guesso a inauguré cette liaison le 11 août, marquant ainsi l’achèvement d’une ligne de transport d’électricité de 14 km et de 220 kV reliant Djiri à Maloukou, ainsi que d’un poste de transformation de 220/33/22 kV. Le projet a été réalisé par la China Machinery Engineering Corporation, l’État ayant financé l’infrastructure pour un coût estimé à 16,57 milliards de FCFA, auxquels s’ajoutent les fonds destinés aux expropriations.
Ce raccordement permet de remédier à l'un des principaux obstacles infrastructurels qui ont freiné le plein fonctionnement du parc industriel. Le site de Maloukou compte 16 unités industrielles et a été aménagé avec des infrastructures et des usines initialement construites par la société brésilienne Asperbras. Le parc a ensuite été concédé à Macefield Congo Ventures, une filiale congolaise de Crystal Ventures, afin que celle-ci développe, mette en service et exploite le site.
La mise en service du mois d'août marque le passage de la phase de construction de la plateforme physique à celle de la mise en œuvre de sa capacité industrielle. Le président Sassou N’Guesso a également visité l’usine d’assemblage de tracteurs d’Eco-Camaco lors de la cérémonie, où des tracteurs étaient en cours d’assemblage, offrant ainsi un premier exemple d’activité industrielle sur le site.
Un nouveau cadre d'investissement
Maloukou s'inscrit dans le cadre d'une initiative plus large du Congo visant à recourir aux zones économiques spéciales pour accélérer l'industrialisation et attirer les investissements privés. Le pays compte quatre zones économiques spéciales désignées : Pointe-Noire, Oyo-Ollombo, Ouesso et Ignié, cette dernière englobant le parc industriel de Maloukou.
Le cadre d’investissement a été renforcé par la loi n° 17-2025 de juillet 2025, qui a établi le régime juridique, fiscal, douanier et de change applicable aux zones économiques spéciales (ZES). Pour les investisseurs agréés, la loi prévoit toute une série d’avantages fiscaux et douaniers, notamment l’exonération de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt spécial sur les sociétés pendant les dix premières années, renouvelable pour cinq années supplémentaires sous réserve du respect des conditions de réinvestissement prévues par la loi.
La loi de finances congolaise de 2026 a ensuite intégré le régime fiscal et douanier établi en vertu de la loi de 2025 sur les zones économiques spéciales dans le Code général des impôts et le Code des douanes. Par ailleurs, le cadre fiscal de 2026 prévoit un crédit d'impôt à l'investissement pouvant atteindre 15 % des dépenses éligibles consacrées à l'acquisition de matériaux, d'équipements, d'outils et de bâtiments commerciaux ou industriels éligibles, le crédit non utilisé pouvant être reporté sur les cinq années suivantes.
Le gouvernement a commencé à mettre ce cadre en œuvre. En 2026, le ministre de l'Industrie, Michel Djombo, a délivré les premières autorisations officielles relatives aux ZES à des investisseurs, notamment Prestige Hygiene Products, qui développe une usine de produits d'hygiène dans la zone de Loango, près de Pointe-Noire, et SEDIC, un opérateur spécialisé dans le développement d'infrastructures.
De l'infrastructure à l'industrie
Le développement de Maloukou illustre les besoins en infrastructures qui sous-tendent la stratégie d’industrialisation du Congo. Le gouvernement a investi dans l’électricité et d’autres infrastructures essentielles, tandis que Macefield Congo Ventures, la filiale de Crystal Ventures détentrice de la concession, s’est chargée du développement et de l’exploitation du parc industriel. Les études menées précédemment par le gouvernement avaient identifié la disponibilité d’une alimentation électrique stable, dédiée et de haute qualité comme un défi majeur pour le développement de la zone.
Le raccordement au réseau récemment mis en service vise à remédier à cette contrainte et à soutenir l'exploitation des unités industrielles du parc. Le site abrite déjà des installations de production de matériaux de construction ainsi que l'usine d'assemblage de tracteurs Eco-Camaco, et le gouvernement a indiqué que d'autres unités industrielles devraient voir le jour.
Maloukou constitue ainsi un test permettant de déterminer si les investissements dans les infrastructures de soutien et le nouveau régime des zones économiques spéciales (ZES) du pays peuvent se traduire par une activité industrielle durable, des créations d’emplois et une valeur ajoutée locale. Le parc a déjà créé 612 emplois, selon les informations parues lors de sa mise en service en août, et le gouvernement envisage désormais d’étendre l’activité industrielle au-delà des installations existantes.
La question de savoir si cette prochaine phase d'investissement verra le jour figurera parmi les thèmes à l'ordre du jour du Forum de l'énergie et de l'investissement au Congo 2027, qui se tiendra à Brazzaville du 1er au 3 juin 2027.


