Financement de projets O&G au Congo : des investissements accrus pour stimuler la production
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Alors que la République du Congo s'efforce de porter sa production de pétrole à 500 000 barils par jour (bpj) d'ici 2027 et d'accélérer l'exploration et la production de gaz, le ministère des Hydrocarbures donne simultanément la priorité à la modernisation des infrastructures en aval pour remédier à l'insécurité énergétique. Avec de nouvelles mesures réglementaires, des projets d'infrastructure à grande échelle et une forte volonté de durabilité, le pays a vu affluer les investissements internationaux, renforçant ainsi l'élan du Congo vers des réformes ambitieuses dans le secteur des hydrocarbures.
Vers une augmentation de la production
La filiale congolaise de China Oil Natural Gas Oversees Holding Ltd (Cogo) prévoit d'investir 150 millions de dollars pour stimuler la production de pétrole au cours des trois prochaines années dans les champs de Conkouati-Koui et de Nanga III au Congo. La société forera quatre puits - deux dans chaque champ - et le projet devrait s'étendre à des études sismiques en 3D et à une analyse plus poussée des données. Le 3 octobre 2024, le nouveau directeur général de la filiale congolaise de Cogo, Fublert Dzimbe, a présenté la feuille de route des activités de la société au ministre des Hydrocarbures, Bruno Jean-Richard Itoua.
Par ailleurs, la supermajor du pétrole et du gaz TotalEnergies a annoncé l'année dernière qu'elle investirait 600 millions de dollars pour renforcer ses activités d'exploration et de production au Congo. Cet investissement servira à financer l'exploration et à maintenir la production dans le champ offshore profond de Moho Nord, qui représente environ la moitié de la production pétrolière congolaise, soit environ 140 000 bpj. L'engagement de TotalEnergies dans la production pétrolière du Congo devrait permettre d'assurer une production supplémentaire de 40 000 bpj, qui viendra s'ajouter aux 267 000 bpj actuels du pays.
La société pétrolière et gazière Trident a obtenu une facilité de financement de 300 millions de dollars de l'institution financière multilatérale panafricaine Afreximbank en 2023, afin de financer un programme de développement de sept ans sur les champs pétrolifères de Mengo-Kundji-Bindi II au Congo. Le capital permettra à la société d'augmenter sa production - jusqu'à 30 % de la production nationale de brut - tout en créant des opportunités d'emploi.
Le raffinage en point de mire
Actuellement, la Congolaise de raffinage, une filiale de la Société nationale des pétroles du Congo, exploite l'unique raffinerie du pays à Pointe-Noire. Avec une capacité de traitement d'un million de tonnes par an, la raffinerie convertit le pétrole brut en produits finis tels que le gaz butane, l'essence, le kérosène, le diesel léger et le fioul lourd, répondant ainsi à environ 70 % des besoins en énergie raffinée du pays.
Pour répondre à la demande intérieure croissante et réduire la dépendance aux importations, le gouvernement a lancé la construction d'une nouvelle raffinerie dans le Fouta, près de Pointe Noire. Connu sous le nom de Raffinerie Pétrochimique de l'Atlantique, le projet est développé en partenariat avec la société chinoise Beijing Fortune Dingheng Investment, ce qui représente un investissement d'environ 600 millions de dollars. La première phase vise à atteindre une capacité de production de 2,5 millions de tonnes par an, en se concentrant sur l'essence et le diesel de haute qualité. La raffinerie devrait entrer en service d'ici à la fin de 2025, contribuant ainsi de manière significative à la sécurité énergétique nationale.
Quatrième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne, le Congo présente des opportunités d'investissement significatives pour les investisseurs mondiaux. Le pays vise à attirer de nouveaux capitaux dans son secteur pétrolier, avec un cycle d'octroi de licences qui devrait être lancé lors du premier Congo Energy & Investment Forum (CEIF) 2025, qui se tiendra à Brazzaville du 24 au 26 mars. Parallèlement, le pays se prépare à lancer son plan directeur pour le gaz ainsi qu'un nouveau code du gaz lors du CEIF 2025, qui devraient fournir un cadre stratégique pour l'investissement dans la chaîne de valeur du gaz du pays.