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Le Code minier du Congo ouvre de nouvelles perspectives d'investissement dans le secteur de l'énergie

Le Code minier du Congo ouvre de nouvelles perspectives d'investissement dans le secteur de l'énergie

La République du Congo est en train de redéfinir les règles de son secteur minier avec une ambition claire : tirer davantage de valeur de ses ressources minérales sur son propre territoire. Le nouveau Code minier du pays renforce la participation de l’État, les exigences en matière de contenu local et la promotion de la transformation sur place, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle génération de projets miniers et industriels.

Mais la transformation du minerai plutôt que son exportation s'accompagne d'une exigence fondamentale : l'énergie. À mesure que le secteur minier congolais se développe, les opportunités d'investissement privé dans la production et le transport d'électricité se multiplient – une thématique qui sera au cœur du Forum de l'énergie et de l'investissement au Congo (CEIF) 2027 à Brazzaville.

Le Congo dispose d’un potentiel minier considérable, notamment en minerai de fer, en potasse et en or, mais l’accès à l’électricité reste inégal. Selon le président Denis Sassou Nguesso, le taux d’accès à l’électricité dans le pays a atteint 59 %, ce chiffre s’élevant à 75 % dans les zones urbaines. Il en résulte un déficit d’infrastructures important alors que les projets miniers progressent vers des phases plus avancées de développement et de traitement.

Pour les investisseurs, cet écart offre des opportunités qui vont au-delà de la mine elle-même. Les projets miniers et de traitement situés dans des régions isolées peuvent nécessiter des infrastructures dédiées de production, de transport et de distribution d’électricité, créant ainsi des marchés potentiels pour l’électricité produite à partir du gaz, les installations solaires associées à un système de stockage, la production captive, les micro-réseaux et d’autres solutions liées à l’exploitation minière.

La demande en électricité du secteur minier sous les projecteurs

Les projets miniers en cours de développement au Congo montrent à quelle vitesse ces besoins peuvent augmenter. Le projet de potasse de Kola, mené par Kore Potash, vise par exemple une production annuelle d’environ 2,2 millions de tonnes de chlorure de potassium. Son plan de développement prévoit une demande en électricité de 25 MVA pour la mine et de 50 MVA pour l’usine de traitement, tandis qu’une ligne de transport de 57 km sous 220 kV est prévue pour relier l’usine de traitement au réseau national. Le projet a également étudié la possibilité d’utiliser du gaz naturel pour le séchage des produits.

Le minerai de fer représente un autre volume potentiellement important, alors que le Congo cherche à se développer davantage en aval. Le projet minier de Zanaga vise une production initiale de 12 millions de tonnes par an, avec des objectifs à plus long terme visant à atteindre 30 millions de tonnes et à produire du concentré de qualité DRI. Le projet a déjà officialisé sa stratégie énergétique par le biais d’un protocole d’accord avec la Centrale Électrique du Congo (CEC) afin d’évaluer les besoins en matière de production et de distribution pour la phase 1 des opérations. La CEC dispose d’une puissance installée de 484 MW et couvre plus de 70 % de la demande en électricité du Congo, selon Zanaga.

Le projet de minerai de fer de Mayoko-Moussondji s'inscrit dans un modèle industriel tout aussi intégré. Ulsan Mining Congo prévoit une capacité de traitement initiale d'environ 2,5 millions de tonnes par an, qui devrait être portée à 10 millions de tonnes, ainsi que des projets à plus long terme portant sur la production de boulettes, de fer de réduction directe et la mise en place d'installations sidérurgiques. Le projet va donc au-delà de la simple extraction pour s'orienter vers une chaîne de valeur plus large, allant de l'exploitation minière à l'industrie, ce qui implique des besoins supplémentaires en infrastructures et en énergie.

Du secteur minier au marché des infrastructures

Les implications sont importantes pour les investisseurs du secteur de l'électricité : le développement minier au Congo pourrait créer une demande de référence pour de nouvelles infrastructures énergétiques. Plutôt que de considérer l'électricité comme un simple coût d'exploitation pour les sociétés minières, les promoteurs peuvent organiser la production et le transport de l'électricité en fonction d'une demande industrielle prévisible. Des contrats d'achat d'électricité à long terme, des installations de production dédiées et des modèles de type « construire-posséder-exploiter-céder » pourraient constituer un moyen de mobiliser des capitaux privés, en particulier là où l'extension du réseau national ne parvient pas à suivre le rythme de développement des nouveaux districts miniers.

Les ressources gazières du Congo constituent une source potentielle de production d'électricité modulable, tandis que l'énergie solaire, l'hydroélectricité et le stockage par batterie peuvent compléter la capacité de base et améliorer la fiabilité du réseau. Dans les zones reculées, des systèmes hybrides pourraient fournir une alimentation électrique dédiée aux mines et aux installations de traitement, tout en desservant éventuellement les utilisateurs industriels et les communautés voisines.

Pour le Congo, l'opportunité consiste à intégrer dès le départ ces enseignements dans la prochaine génération de projets miniers, en associant l'exploitation minière aux infrastructures énergétiques, de transport d'électricité et industrielles, plutôt que de traiter chacune de ces composantes comme un investissement distinct.

Cette opportunité figurera parmi les principaux thèmes d’investissement du CEIF 2027, qui réunira à Brazzaville des entreprises du secteur de l’énergie, des investisseurs, des promoteurs et des décideurs politiques afin de faire progresser les partenariats dans les secteurs du pétrole, du gaz, de l’électricité et des infrastructures au Congo. Alors que le nouveau Code minier congolais pousse le pays vers une plus grande création de valeur sur le territoire national, la prochaine question en matière d’investissement se pose de manière de plus en plus claire : qui construira les infrastructures électriques nécessaires pour rendre cette ambition commercialement viable ?

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