Le modèle ILX du Congo transforme les infrastructures offshore en un moteur de production à faible coût
L'exploration axée sur les infrastructures (ILX) en République du Congo marque une transition dans le secteur pétrolier et gazier en amont, passant d'une exploration de frontier à une production soutenue par les infrastructures. S'appuyant sur des avancées telles que la découverte du gisement Moho G par TotalEnergies en avril 2026 et son intégration aux unités de production flottantes (FPU) d'Alima et de Likouf, ainsi qu'au système du terminal d'exportation de Djeno, ce modèle se concentre sur les réserves proches des gisements, reliées aux pôles offshore existants.
Alors que les opérateurs cherchent à optimiser la rentabilité de leurs actifs existants, le Congo s’impose de plus en plus comme un marché où la disponibilité des infrastructures permet d’accélérer la mise en œuvre des projets. Le développement axé sur les infrastructures et les opportunités de croissance dans les zones voisines seront au cœur des débats de la deuxième édition du Congo Energy & Investment Forum (CEIF) 2027, qui se tiendra du 1er au 3 juin à Brazzaville sous l’égide du ministère des Hydrocarbures.
La découverte « Moho G » réalisée par TotalEnergies en avril 2026 illustre parfaitement ce modèle en action. Le puits a mis au jour une colonne d’hydrocarbures de 160 mètres dans des réservoirs de l’Albien, au sein de la concession Moho, et se situe à proximité d’actifs en production reliés aux unités de traitement flottantes (FPU) d’Alima et de Likouf, qui traitent environ 90 000 barils par jour. Sa proximité avec les infrastructures existantes offre la possibilité d’une voie de développement à moindre coût par rapport à des projets « greenfield » autonomes.
À terre, le terminal d'exportation de Djeno constitue la colonne vertébrale du système d'exportation de pétrole brut du pays, en regroupant la production de plusieurs sites offshore au sein d'un réseau logistique commun. En tant qu'installation de transport public, ce terminal permet aux opérateurs d'accéder à une infrastructure d'exportation déjà en place sans avoir à dupliquer les pipelines, les installations de stockage ou les terminaux, ce qui améliore la rentabilité des projets dans l'ensemble du bassin.
Les exploitants de sites existants appliquent une stratégie similaire. Des entreprises telles que Perenco et la compagnie pétrolière nationale SNPC continuent d’accroître la production de leurs actifs matures grâce à des travaux de remise en état, des réaménagements, des modernisations de plateformes et des projets de récupération du gaz associé. Au sein du système Kombi-Likalala-Libondo, le déploiement de la plateforme Kombi 2 et les modernisations des infrastructures associées ont permis d’augmenter la production de pétrole tout en captant environ sept millions de pieds cubes standard de gaz par jour, prolongeant ainsi la durée de vie du gisement et renforçant la valeur des actifs.
Le cadre réglementaire contribue également à soutenir le développement axé sur les infrastructures. La simplification des procédures d'octroi de licences dans les zones proches du littoral, les accords de partage de production favorisant un amortissement accéléré des coûts, ainsi que la mise en place de normes relatives à l'accès aux pipelines et à l'intégration des installations d'accueil réduisent les incertitudes liées à la mise en œuvre des projets et au partage des infrastructures.
Alors que le Congo poursuit une croissance soutenue de sa production, ILX s'impose comme un élément clé de la stratégie en amont du pays. En tirant parti des infrastructures existantes pour commercialiser plus efficacement les découvertes, les opérateurs peuvent réduire les coûts de développement tout en mettant plus rapidement de nouvelles réserves sur le marché. Le CEIF 2027 offrira une tribune aux investisseurs, aux opérateurs et aux décideurs politiques pour examiner comment un développement s'appuyant sur les infrastructures peut soutenir la prochaine phase de croissance du secteur pétrolier et gazier congolais.


