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6 octobre 2026

Le Congo vise un redressement d'E²C alors que son projet de 10 GW prend forme

Le Congo vise un redressement d'E²C alors que son projet de 10 GW prend forme

La République du Congo s'apprête à restructurer la société publique Énergie Électrique du Congo (E²C) ; un nouveau diagnostic devrait servir de base à un plan de redressement et à un contrat de performance, alors que le pays vise une expansion majeure de son réseau électrique. Le Congo vise à faire passer sa capacité de production installée d'environ 760 MW aujourd'hui à 3 000 MW d'ici 2028, 5 000 MW d'ici 2030 et 10 000 MW d'ici 2040, ce qui exercera une pression croissante sur les infrastructures de transport et de distribution nécessaires pour acheminer et commercialiser cette électricité.

La manière dont le Congo finance cette expansion – et remédie aux contraintes infrastructurelles entre la production et les consommateurs – fera partie des thèmes abordés lors des débats sur l'investissement au cadre du Congo Energy & Investment Forum (CEIF) 2027, qui se tiendra du 1er au 3 juin à Brazzaville. Ce forum réunira les pouvoirs publics, les services publics, les promoteurs et les investisseurs, alors que le pays cherche à lever des capitaux dans les domaines de la production, du transport et de la distribution d'électricité.

Remédier au goulot d'étranglement dans la distribution d'électricité au Congo

Le diagnostic E²C, réalisé par le cabinet de conseil GDSC, vise à soutenir un plan de redressement portant sur les performances opérationnelles, la gestion financière et la distribution d'électricité. Le programme de réforme plus large comprend la réhabilitation et la modernisation des infrastructures de transport et de distribution, notamment à Brazzaville et à Pointe-Noire, ainsi que le déploiement progressif de compteurs intelligents prépayés afin d'améliorer la facturation et de réduire les pertes commerciales.

L'ampleur du défi est considérable. Le Congo dispose d'une capacité de production installée d'environ 760 MW, mais seuls quelque 600 MW sont considérés comme disponibles. Les pertes sur le réseau s'élevaient à environ 45 % en 2022, ce qui limite la quantité d'électricité pouvant être convertie en fourniture facturable.

L'accès à l'électricité à l'échelle nationale continue toutefois de s'améliorer. Le gouvernement a fait état d'une hausse du taux d'accès national, qui est passé de 49 % en 2024 à 59 % début 2026. Le Congo s'est également efforcé d'améliorer son expertise opérationnelle. En février 2025, le pays a signé un accord de dix ans avec la société sénégalaise Senelec, portant notamment sur la distribution, la maintenance du réseau et l’exploitation du réseau électrique, ajoutant ainsi un volet « gestion et capacités techniques » à l’effort de réforme global.

Transformer le potentiel énergétique en infrastructures susceptibles d'attirer des investissements

Pour répondre à la demande croissante, le Congo prévoit de diversifier son mix énergétique en développant ses capacités de production d’électricité à partir du gaz, de l’énergie solaire, du stockage et de l’hydroélectricité. Le pays dispose d’un potentiel hydroélectrique considérable, estimé à environ 4 GW – dont seulement 4 % ont été exploités –, et des projets tels que Sounda et Chollet s’inscrivent dans ses ambitions de développement à long terme en matière de capacité de production.

Mais la mise en place de nouvelles capacités de production ne résout que la moitié du problème. La diversification des sources de production peut réduire la vulnérabilité du Congo face aux perturbations affectant une technologie donnée. La Banque mondiale a identifié la fragilité des infrastructures de transport comme un frein à l’acheminement de l’électricité vers les principaux centres de consommation, tandis que les futurs projets de production nécessiteront des capacités de transport supplémentaires pour les relier efficacement à la demande.

C'est pourquoi le gouvernement a associé ses objectifs de production à un programme de modernisation des réseaux de transport et de distribution axé sur Brazzaville et Pointe-Noire. Le plan de relance E²C est conçu pour accompagner le développement des capacités.

La prochaine étape de la stratégie énergétique du Congo dépendra donc de la mise en adéquation des investissements dans la production d’électricité avec les infrastructures nécessaires à sa distribution. Le CEIF 2027 offrira une tribune pour examiner comment les capitaux publics et privés peuvent soutenir la production d’électricité, la réhabilitation du réseau et un accès plus large à l’énergie, alors que le Congo s’efforce de transformer son potentiel énergétique en électricité fiable pour les ménages et l’industrie.

Organisé par Energy Capital & Power en collaboration avec le ministère des Hydrocarbures, le CEIF 2027 permettra un dialogue franc et favorisera de nouveaux investissements et accords dans le secteur énergétique du pays. Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.congoenergyinvestment.com.

 

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