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13 mars 2025

Le Congo accélère l'expansion de son secteur électrique grâce au gaz et aux énergies renouvelables

Le Congo accélère l'expansion de son secteur électrique grâce au gaz et aux énergies renouvelables

La Centrale Électrique du Congo (CEC), société parapublique de la République du Congo, s'apprête à remettre en service sa turbine GT1 après une période de maintenance. Cette initiative devrait permettre d'augmenter la capacité de production d'électricité du Congo et de remédier aux pénuries d'électricité qui ont entravé la croissance économique et le développement du pays.

L'accès à l'électricité dans le pays reste limité, avec environ 49 % des zones urbaines et 12 % des régions rurales connectées au réseau national. Cette disparité souligne la nécessité d'investissements substantiels dans le secteur de l'électricité afin d'améliorer l'accessibilité et la fiabilité. L'amélioration des infrastructures énergétiques est essentielle pour soutenir les activités industrielles, améliorer la qualité de vie des habitants et favoriser la diversification économique. 

Situation actuelle du secteur de l'électricité

Le Congo encourage activement la participation du secteur privé à la production d'électricité à partir de gaz. La CEC, située à Pointe Noire, est la seule centrale électrique en activité dans le pays. Établie dans le cadre d'un partenariat entre l'État congolais et la major pétrolière italienne Eni, la centrale a été construite pour fonctionner avec trois turbines, fournissant de l'électricité à environ 2,8 millions de personnes, soit plus de 70 % de la population congolaise. La remise en service de GT1 en mars 2025 devrait permettre à la centrale de retrouver sa pleine capacité de 484 MW. Des plans sont en cours pour ajouter une quatrième turbine afin d'augmenter encore la production de la CEC. 

Un autre projet privé est la Centrale Électrique de Djeno (CED), exploitée par le producteur d'électricité turc Aksa Enerji. Située à Pointe-Noire et alimentée par les champs de pétrole et de gaz exploités par Eni, la CED prévoit de mettre en service sa première turbine en mars 2025, ajoutant 27 % d'énergie supplémentaire au réseau national, une deuxième turbine étant attendue au troisième trimestre 2025 après maintenance. Aksa Enerji a également l'intention d'investir dans des capacités supplémentaires et dans l'installation de nouvelles lignes de transmission afin d'exporter de l'électricité au-delà des frontières du Congo, ce qui renforcera la coopération régionale. 

Pour remédier aux pénuries d'électricité, l'interconnexion régionale offre une solution viable. Le projet de la Boucle de l'Amitié Énergétique, une ligne électrique de 1 400 kV dont la mise en service est prévue pour 2025, vise à interconnecter les réseaux électriques du Congo, de la République démocratique du Congo et de l'Angola. En facilitant les échanges transfrontaliers d'électricité, cette interconnexion vise à atténuer les pénuries régionales d'électricité et à renforcer la sécurité énergétique en Afrique centrale. 

Opportunités d'investissement

Le secteur de l'énergie du Congo offre des opportunités prometteuses pour les investisseurs étrangers et locaux, en particulier dans les projets de transformation du gaz en électricité. La stratégie de monétisation du gaz du gouvernement vise à exploiter les réserves de gaz naturel du pays, estimées à environ 283 milliards de m3. Le projet énergétique intégré de 2 milliards de dollars du promoteur chinois Wing Wah, Banga Kayo onshore development, prévoit de produire près de 30 milliards de m3 de gaz associé sur 25 ans, réduisant ainsi le brûlage à la torche et améliorant l'utilisation des ressources.  

En outre, le Congo dispose d'un potentiel de développement des énergies renouvelables. Le pays dispose d'une capacité hydroélectrique estimée à 22 000 MW, dont seulement 3 % sont actuellement utilisés. Le potentiel d'énergie solaire est également considérable, compte tenu de la situation équatoriale du Congo. Des projets tels que le barrage hydroélectrique de Sounda, qui devrait produire 600 à 800 MW et dont la construction débutera en janvier 2025, et le projet Ignié 2021-2046 - une centrale hybride solaire et biomasse de 65 MW dans la zone économique spéciale d'Ignié - constituent des étapes vers l'exploitation de ces ressources. 

Alors que le Congo est confronté à des défis dans son secteur de l'électricité, des investissements stratégiques peuvent ouvrir la voie à un avenir énergétique plus stable. Le premier Forum sur l'énergie et l'investissement au Congo, qui se tiendra à Brazzaville du 24 au 26 mars 2025, représente une étape vers la réalisation de ce potentiel. Soutenu par le ministère des Hydrocarbures et la Société Nationale des Pétroles du Congo, le forum proposera des sessions techniques axées sur les derniers projets de transformation du gaz en électricité et fournira des mises à jour sur les expansions en cours à travers le pays.

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