Le PDG d'Afentra établit un parallèle entre les actifs pétroliers matures de l'Angola et du Congo
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Depuis son entrée dans les blocs, Afentra a aidé l'opérateur à augmenter la production de 30 % pour atteindre une moyenne de plus de 21 000 barils par jour (bpj) jusqu'en 2024 dans les blocs angolais 3/05 et 3/05A. Cette réalisation s'inscrit dans la stratégie de l'entreprise visant à revitaliser les champs pétroliers matures et à stimuler les marchés cibles qui offrent la bonne dynamique. Energy Capital & Power (ECP) a interviewé Paul McDade, PDG d'Afentra, pour discuter des opérations angolaises et des applications potentielles sur le marché congolais.
Afentra a obtenu des succès notables en Angola avec les blocs 3/05 et 3/05A. Quelles stratégies et technologies avez-vous utilisées pour améliorer la production, et comment cette approche peut-elle être adaptée aux actifs matures du Congo ?
Nous travaillons en étroite collaboration avec Sonangol, la compagnie pétrolière nationale angolaise, sur un plan clair et progressif visant à pérenniser les infrastructures, à augmenter la production et à réduire les émissions. Ces plateformes sont opérationnelles depuis un certain temps, nous encourageons donc les investissements pour garantir leur efficacité jusqu'en 2040 et au-delà. La production a déjà augmenté de 30 % pour atteindre plus de 21 000 bpj, avec un objectif de 40 000 bpj grâce à l'optimisation de l'injection d'eau, à la réactivation des puits et au forage intercalaire. D'ici à 2026, nous prévoyons d'introduire un appareil de forage et de reconditionnement pour les forages intercalaires. La région dispose également de découvertes matérielles qui n'ont pas encore été exploitées et que nous souhaitons mettre en ligne.
Qu'est-ce qui a attiré Afentra sur le marché angolais ?
L'Angola dispose de vastes ressources découvertes, avec environ 15 milliards de barils de pétrole inexploités. Nous nous concentrons sur la production et le développement plutôt que sur l'exploration. L'ANPG [Agence nationale pour le pétrole, le gaz et les biocarburants] a travaillé dur pour créer un environnement fiscal et d'investissement attractif en dialoguant avec les acteurs de l'industrie. Historiquement, l'Angola était dominé par les compagnies pétrolières internationales (IOC), mais l'ANPG reconnaît la nécessité d'un mélange d'IOC et de compagnies indépendantes plus petites comme Afentra et crée un climat qui encourage l'investissement.
Comment votre collaboration avec Sonangol a-t-elle contribué à votre succès ?
Sonangol, en tant qu'opérateur, a fait preuve d'une grande collaboration, reconnaissant les compétences complémentaires que nous apportons. Alors qu'ils ont une connaissance approfondie des actifs, nous apportons notre expérience internationale et notre expertise technique. Cette synergie profite à l'actif, en stimulant la production, les revenus et les contributions fiscales. Au-delà des blocs offshore, nous travaillons également avec Sonangol sur des licences onshore et collaborons avec de plus petits indépendants locaux.
Quelles leçons de l'Angola peuvent être appliquées au Congo ?
Dans les bassins qui arrivent à maturité, les entreprises locales devraient jouer un rôle plus important. En Angola, nous nous sommes engagés avec des entreprises locales émergentes dont les équipes possèdent une grande expérience du secteur. Notre rôle est de compléter leur expertise par nos connaissances opérationnelles et notre accès aux marchés financiers internationaux. À l'avenir, les entreprises locales devraient jouer un rôle de premier plan, les acteurs internationaux les soutenant par leur expertise financière et leurs connaissances techniques. Au Congo, des opportunités similaires existent pour appliquer notre modèle de développement par phases utilisé dans les blocs 3/05 et 3/05A.
Comment Afentra intègre-t-elle la technologie dans ses activités ?
Nous tirons parti de l'expertise de notre équipe et faisons appel à des entrepreneurs solides qui fournissent des technologies, des outils et des matériaux de pointe. Dans la mer du Nord britannique, de petites entreprises indépendantes ont progressivement remplacé les compagnies pétrolières internationales, stimulant ainsi la croissance des revenus, les investissements et l'emploi. L'Angola connaît une transformation similaire, les entreprises indépendantes étant le fer de lance de la prochaine phase de développement. La République du Congo pourrait suivre une trajectoire similaire en intégrant des opérateurs expérimentés à des entreprises locales émergentes afin de gérer efficacement ses actifs arrivés à maturité.
Comment l'Afrique de l'Ouest et la mer du Nord se comparent-elles en termes de maturation de l'industrie ?
Les actifs matures nécessitent des techniques spécialisées, de nouvelles stratégies d'investissement et des initiatives de réduction des émissions. Notre équipe, forte de plusieurs décennies d'expérience en Afrique et en mer du Nord, est bien placée pour faire le lien entre ces approches. Afentra, qui signifie African Energy Transition, s'aligne sur la transition énergétique de l'Afrique en se concentrant sur la production responsable d'hydrocarbures. En investissant dans des techniques de contrôle des émissions et de récupération assistée, ces actifs peuvent rester productifs et économiquement viables beaucoup plus longtemps.